Voilà un témoignage bien inquiétant qui vient d'être publié par Limited Run, une plateforme e-commerce américaine renommée qui offre à ses utilisateurs la possibilité de créer leur propre boutique en ligne, moyennant un abonnement mensuel (je ne cautionne pas ce genre de système, mais il s'agit d'un autre débat).
Le site a décidé de mettre un terme à sa présence sur Facebook, après avoir réalisé que le réseau social le plus célèbre du monde flouait ses clients, ceux qui payent des publicités et qui le font vivre.
Vous avez tous déjà été énervés par ces blocs publicitaires dans la colonne droite de Facebook, avouez-le. Il s'avère qu'en plus de nous polluer visuellement, et d'augmenter le volume de cette « spamicité » (il y a quelques jours, la limite est passé de 6 à 10 publicités potentielles par page), on apprend donc que Facebook triche en simulant des clics sur ses propres publicités, afin d'augmenter artificiellement ses revenus.
Je rappelle que n'importe quel utilisateur Facebook peut lancer sa campagne publicitaire, nous y sommes d'ailleurs fréquemment encouragés. Et pour chaque clic sur notre publicité diffusée dans Facebook, il faut payer quelques centimes en échange, avec notre carte de crédit.
Voici ce que nous explique Limited Run sur cette page (qui va certainement disparaitre très vite) :
Bonjour à tous, nous allons supprimer notre page Facebook dans les semaines à venir, mais nous voulions d'abord vous en expliquer la raison. Il y a deux mois, pour promouvoir le lancement de notre nouveau site, nous avions choisi de tester les publicités Facebook (Facebook Ads). Malheureusement, durant ce test, nous avons observé d'étranges phénomènes.
Facebook nous a facturé des clics, dont 20% seulement étaient vérifiables sur les statistiques de notre site. Au début, nous avons mis en doute notre système de statistiques. Nous avons alors utilisé plusieurs autres outils très réputés dans le domaine, mais il était toujours impossible de vérifier plus de 15-20% de nos clics.
Alors en bons développeurs, nous avons conçu notre propre logiciel d'analyse de trafic. Et voici ce qui ressort des résultats : Pour 80% des clics que Facebook nous a facturés, JavaScript n'était pas activé sur les navigateurs clients. Dans ces conditions, il est très difficile pour un outil de statistiques d'analyser les clics publicitaires. Ce qu'il est important de savoir, c'est que nous avons constaté durant nos années d'expérience un taux de 1-2% de visiteurs utilisant un navigateur avec JavaScript désactivé, et pas 80% comme les visiteurs issus de Facebook.
Nous avons alors développé un logger de page, afin de garder une trace de toute page chargée. Savez-vous ce que nous avons trouvé ? 80% des clics que nous payons, et donc des visiteurs issus de Facebook, était des bots (robots) ! Vous avez bien lu. Des bots constituaient ce trafic et dilapidaient nos crédits Facebook.
Alors nous avons contacté Facebook à ce sujet, mais ils n'ont pas voulu répondre. Est-ce que nous savons à qui appartiennent ces bots ? Non. Avons-nous accusé Facebook d'utiliser ces bots pour augmenter virtuellement ses revenus ? Non. Est-ce étrange ? Oui. Mais passons outre, car il est impossible de prouver à qui appartiennent ces bots.
Pendant cette phase de tests, nous avions aussi demandé à Facebook le droit de changer le nom de notre page, car celui de notre société avait également changé. Après de nombreux messages, nous avons reçu un appel de Facebook. Un employé nous a informé que le changement serait possible. Super ! Mais seulement si nous acceptions de dépenser 2000$/mois en plus dans leurs publicités. Sans rire. Facebook tenait simplement notre nom en otage. Alors nous avons réagi plus durement, et maudit cette * »#+*/~. Nous n'en sommes toujours pas revenus ! Voilà pourquoi nous devons supprimer cette page et quitter Facebook définitivement. Ce sont des crétins et nous n'avons pas la patience de les supporter.
Voilà, je vous avais prévenus, c'est très chaud.
Je me trompe peut être, mais tout ce qui se passe autour de Facebook ces jours-ci fleure l'explosion de la bulle internet dans les années 2000. Alors oui, je suis un vieux de la vieille et je vous parle d'un temps que les moins de 20MB ne peuvent pas connaitre, n'empêche que c'est bien la première fois qu'on entend autant de critiques et de mauvaises nouvelles à propos de Facebook.
Tout a commencé depuis son introduction en bourse, avec des valeurs bien inférieures aux prévisions, puis une dégringolade à peine stabilisée, une utilisation à outrance de la publicité et maintenant ce genre d'histoires… What's next ?
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